Témoignage des frères Louis d’Herouville et Olivier-Marie Corre

Les mois d’été sont habituellement l’occasion pour les frères de dépenser l’ardeur apostolique emmagasinée pendant l’année scolaire. Pendant l’année ils sont fidèles au couvent pour raisons d’étude et tachent de donner le meilleur d’eux mêmes, dans des apostolats connus et bien jalonnés. L’été est l’occasion de faire des découvertes, de prendre du recul, de réfléchir, de mûrir certainement. Le tout sous le regard de Notre Seigneur avec l’intercession de Notre Dame.
Le séjour en Haïti que nous avons effectué, le frère Louis et moi-même fut pour nous l’un de ces moments. Nous sommes partis fin juillet pour retrouver la communauté de Port au Prince. Nous avions prévu de rester un mois. Ce fut un mois riche en expériences, en rencontres et nous espérons progrès spirituels. 
L’objectif, si l’on peut dire, de notre séjour et de notre présence était de prendre part à la vie communautaire et d’aider les frères dans les différentes tâches apostoliques pendant l’été.
Nous avons fait un séjour dans l’orphelinat de la fondation Montesinos de notre frère Charles. Il accueille une soixantaine d’enfants de 5 à 15 ans. La plupart ont perdu leurs parents lors du terrible tremblement de terre de janvier 2010. Mais certains ont encore un parent qu’ils peuvent voir de temps en temps. Cette fondation lancée il y a deux ans avance bien. Un chantier de construction est en cours. Des salles de classes sont déjà prêtes.
Auprès des enfants nous jouons tour à tour le rôle de grand frère et de père. Nous constatons qu’ils ont un besoin immense d’être aimés et entourés. Pour l’écoute et le dialogue ce n’est pas facile car nous ne maîtrisons pas bien encore le créole haïtien. Mais il est des gestes d’affections et d’amitiés qui se passent de paroles.
Nous passons auprès des enfants et de leurs accompagnateurs trois jours avant de repartir à Port-au-Prince pour retrouver la communauté. Accueillis très chaleureusement nous n’avons pas eu du mal à trouver nos marques. Les laudes, la Messe, les vêpres rythment la vie commune ainsi que les repas, bien sûr, toujours agrémentés de quelques spécialités locales que nous apprécions beaucoup (bananes plantains, ignames, beignets de bananes frites, mangues, avocats... !).
Au couvent nous trouvons les frères Jean-Weber EUGENE (supérieur), Ignace BERTHOT, Jacques JEAN, Charles MOÏSE, Ernest CHARLOT, Willy-Dominique LAMOTHE, et même le frère Albert-Diempeclo BENJAMIN, fraîchement arrivé du Canada où il finira ses études en janvier prochain. C’est donc dans une ambiance fraternelle que nous passons ces jours, avant de partir dans la grande ville du nord, le Cap-Haïtien. Nous accompagnons le frère Ernest, pour un camp de huit jours avec les jeunes du mouvement des laïcs dominicains. C’est un mouvement jeune et très dynamique.
Au programme : vie de prière, enseignements, mais aussi visites culturelles (nous visitons l’impressionnante et magnifique citadelle du Cap, fierté du peuple haïtien. Imaginez un fort Vauban à 900 mètres d’altitudes, contrôlant toute la région avec ses 163 canons). Nous faisons de belles rencontres avec une jeunesse haïtienne désireuse d’apprendre et d’être formée à la foi catholique. Nous constatons que les Haïtiens ne sont pas chiches en amitié !
De retour après ce séjour, fatigués mais heureux, nous en profitons pour nous reposer et visiter un peu les alentours. Nous découvrons les joies du tap-tap pour descendre dans le centre ville. Une visite au musée nationale d’Haïti nous permet de découvrir quelques trésors liés à l’histoire de ce pays.
Mais ce qui nous marquera le plus ce sont les rencontres faites au fil des rues. De belles rencontres, de belles discussions qui portent souvent sur la foi, sur la place du Christ dans nos vies, bref, sur ce qui au fond est le vrai sens de nos vies.
Au terme de ce séjour nous rendons grâce à Dieu pour la communauté de nos frères qui vit là bas, nous remercions chacun des frères pour l’accueil qu’ils nous ont réservé et pour ce peuple haïtien qui dans sa très grande pauvreté sait accueillir ceux qui viennent authentiquement le rencontrer.